Création 2014-2015

Le public vient partager un verre, pour fêter l’anniversaire de la compagnie. Ce que personne n’imagine, c’est qu’au cours de la fête, la guerre va éclater, plongeant acteurs et spectateurs dans l’univers décalé de la guerre… Public et personnages construisent ensemble une barricade et l’attente commence. Une attente de plusieurs mois. Ici, un camp de réfugiés, de l’autre côté, au-delà de la barricade: l’ennemi, l’Autre. Quand soudain, une silhouette féminine se dresse…

Univers

La situation réaliste désoriente brutalement le public, en le plongeant dans l’absurdité d’un conflit armé. Par décalages successifs, la situation bascule vers d’autres dimensions, absurdes, poétiques. L’univers sonore, mélange de voix chuchotées, de sons du quotidien, de cris, de fracas, devient la musique de la guerre. L’environnement perd petit à petit ses couleurs, pour prendre la dimension universelle de la photographie noir et blanc. « Paie ton canon! » raconte la naissance de la vocation d’une reporter de guerre. Une Antigone moderne, qui aurait rencontré Christine Spengler.

Enjeux

Il n’y a qu’une façon de ressentir la guerre : en la vivant. Le scénario, la scénographie, la dimension interactive du dispositif, permettent d’impliquer physiquement le public au cœur des situations. L’état de sidération, lié au canular du début, ne dure qu’un temps. La poésie qui se développe progressivement raconte le vertige de la guerre, entre horreur et fascination. Le cadre urbain des représentations est choisi avec soin, de manière à ce que l’environnement serve de décor au spectacle. De cette manière, le public n’est pas spectateur d’une situation qui se déroule face à lui, mais personnage d’un dispositif au sein duquel il joue un rôle actif, en interaction avec les comédiens du spectacle. Une seule urgence émerge peu à peu: témoigner, pour que tout le monde sache, pour ne pas que ça recommence. Un spectacle pour comprendre de l’intérieur le travail des reporters de guerre.


Fiche technique